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LE SYNDRÔME « STAIRWAY TO HEAVEN »

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Pourquoi est-ce que nous abandonnons parfois nos projets avant même de les avoir réellement commencés? Dans cet épisode, je vous présente un concept que j’ai moi-même nommé : le syndrome « Stairway to Heaven ». À travers une histoire personnelle vécue à 16 ans avec une guitare… et une tentative beaucoup trop ambitieuse de jouer Stairway to Heaven de Led Zeppelin, je vous explique pourquoi tant de personnes ambitieuses abandonnent leurs objectifs, leurs rêves et leurs projets beaucoup trop rapidement. On parle ici de perfectionnisme, de confiance en soi, de peur d’être débutante, d’ego, de comparaison et d’acharnement. Je vous aide à comprendre pourquoi vous vous mettez peut-être une pression irréaliste dès le départ... que ce soit dans votre entreprise, votre remise en forme, votre planification, votre croissance personnelle ou vos nouveaux projets. Un épisode puissant et profondément nécessaire pour tous ceux et celles qui veulent arrêter de se juger… et enfin se donner la permission de commencer imparfaitement, afin de se réaliser.


Si vous voulez écouter l'épisode complet et obtenir encore plus de détails, rendez-vous sur votre plateforme favorite: Apple Podcast, Spotify.



Aujourd’hui, je veux vous parler d’une erreur que j’ai faite à 16 ans… et que je vois encore partout chez les personnes ambitieuses.


J’appelle ça le syndrome Stairway to Heaven. Quand j’avais 16 ans, j’étais convaincue que j’allais apprendre la guitare. J’écoutais du rock en boucle. Sum 41, Blink-182, Eminem, 50 Cent, Justin Timberlake... et dans ma tête, jouer de la guitare, c’était la définition même de ce qui était cool. Je n’avais pourtant jamais joué une seule note. Mais j’étais confiante. Je me disais : « Je suis capable. Ça ne doit pas être si difficile que ça. » Alors, quand est venu le temps de choisir mon premier morceau, je n’ai pas choisi quelque chose de simple. J’ai choisi Stairway to Heaven.

Un des morceaux les plus connus... et les plus complexes à apprendre quand on débute.

Résultat? Je n’étais pas capable. Et plutôt que de me dire : « C’est normal, j’apprends », je me suis jugée. Je me suis raconté que si je n’y arrivais pas rapidement, c’était peut-être parce que je n’étais pas faite pour ça. Alors j’ai abandonné. Avec le recul, je comprends que ce n’est pas la guitare qui m’a arrêtée. C’est le fait d’avoir choisi un objectif qui appartenait à la version expérimentée de moi-même... alors que j’étais encore une débutante. Et je vois exactement la même chose chez tellement de personnes aujourd’hui. Elles veulent lancer une entreprise, écrire un livre, perdre du poids, courir un marathon ou changer de carrière. Mais elles se comparent immédiatement à quelqu’un qui est rendu 10 ans plus loin dans le processus. Elles essaient de jouer leur propre Stairway to Heaven avant même d’avoir appris leurs premiers accords.


Le syndrôme

Le syndrome Stairway to Heaven, c’est quand on veut jouer un chef-d’œuvre avant même d’avoir appris les bases. C’est quand on s’attend à être bonne dès le départ. Quand on veut les résultats avant la pratique, la confiance avant l’expérience et la maîtrise avant l’apprentissage. Comme si la phase maladroite ne devrait pas exister.


Et pourtant, je vois ce phénomène partout.


Je le vois chez les personnes qui commencent à s'entraîner et qui voudraient aimer ça immédiatement ou obtenir des résultats en quelques semaines. Je le vois chez celles qui lancent un projet, un podcast ou une nouvelle offre et qui espèrent que tout décolle rapidement. Je le vois chez celles qui décident de mieux planifier leur temps et qui sont déçues de ne pas être parfaitement constantes après quelques jours seulement. Le problème, ce n’est pas un manque de talent, de discipline ou de potentiel. Le problème, c’est souvent l'écart entre nos attentes et la réalité.


Parce que nous entrons dans un nouveau projet comme si nous étions déjà rendues à la fin du parcours. Nous nous attendons à avoir la confiance de quelqu’un qui pratique depuis des années, alors que nous sommes encore en train d’apprendre nos premiers accords. Or, les débuts sont rarement élégants. Ils sont souvent plus lents que prévu. Plus inconfortables qu’on l’aurait souhaité. Ils viennent avec leur lot d’erreurs, de confusion, d’ajustements et de moments où l’on se demande si l’on est vraiment à la bonne place. Et c’est là que plusieurs se racontent une histoire dangereuse.


Au lieu de se dire : « Je suis simplement au début », elles concluent : « Je ne suis pas faite pour ça. »

Alors qu’en réalité, elles vivent exactement ce que toute personne qui apprend quelque chose de nouveau est censée vivre. Le problème n’est pas qu’elles sont en phase 1. Le problème, c’est qu’elles s’attendent à obtenir les résultats de quelqu’un qui est rendu en phase 10.



Les 5 angles de compréhension du syndrôme


Angle de la confiance

Plusieurs personnes attendent de se sentir prêtes avant de commencer. Elles veulent avoir la clarté, la motivation, le bon timing ou encore la certitude que ça va fonctionner. Pourtant, la confiance ne précède pas l’action.


C’est l’action qui crée la confiance.

On ne développe pas sa confiance en restant sur la ligne de départ. On la développe en essayant, en pratiquant, en accumulant des répétitions et des expériences. Plusieurs personnes ne jouent même jamais leurs premiers accords parce qu’elles attendent de se sentir musiciennes avant de pratiquer.


Angle de l’ego

L’ego refuse d’être novice. Il veut être bon rapidement. Il veut performer, être reconnu et obtenir des résultats visibles le plus vite possible.Alors, plutôt que d’accepter l’humilité du commencement, on résiste à cette étape. On confond la lenteur avec l’insignifiance. Pourtant, chaque virtuose a déjà été débutant. Chaque personne que vous admirez aujourd’hui a déjà traversé une période où personne ne la regardait. On veut souvent être exceptionnelle avant d’accepter d’être apprentie. Et bien souvent, ce qui nous fait abandonner n’est pas la difficulté du début, mais notre résistance à paraître débutante.


Angle du talent

Je vois tellement de femmes quitter trop tôt. Non pas parce qu’elles ne sont pas capables, mais parce qu’elles pensent qu’elles devraient déjà être meilleures. Elles veulent comprendre tout avant de commencer. Elles veulent être parfaites avant d’être visibles. Elles veulent avoir du talent avant même d’avoir accumulé suffisamment d’expérience. Le problème, c’est qu’elles se comparent à des personnes qui pratiquent depuis des années. Elles jugent leur première répétition contre la vingtième année de pratique de quelqu’un d’autre. Ce n’est pas un manque de talent qui les freine. C’est souvent l’attente irréaliste qu’elles entretiennent envers leurs débuts.


Angle de la honte

Celui-ci est probablement plus présent qu’on le pense. Parce qu’au fond, plusieurs personnes ne cherchent pas seulement à éviter l’échec. Elles cherchent surtout à éviter de se sentir inadéquates.

Alors elles se disent : « Je suis nulle. » « Je devrais être meilleure. » « C’est gênant. » « Je ne suis pas faite pour ça. » Ou encore : « Les autres seraient meilleures que moi. » Et elles arrêtent.

Pas parce que c’est impossible. Pas parce qu’elles n’ont pas le potentiel. Elles arrêtent parce qu’elles veulent mettre fin à cette vulnérabilité inconfortable qui accompagne les débuts.

C’est ici que le courage devient essentiel. Le courage de lancer le podcast. Le courage de publier sur Instagram. Le courage d’apprendre à skier, de prendre des cours d’anglais ou de recommencer à bouger après plusieurs années. Le courage d’être débutante.


Angle de l’acharnement

Parfois, ce qui nous bloque n’est pas un manque d’effort, mais plutôt trop d’acharnement.

On refuse l’imperfection. On veut contrôler la vitesse des résultats. On veut que l’apprentissage se déroule selon notre échéancier. Alors on force. On se critique. On s’impatiente. Et sans même s’en rendre compte, on finit par se saboter soi-même. Si on remplaçait l’acharnement par la persévérance, tout changerait. La persévérance accepte l’apprentissage. Elle respecte les étapes. Elle comprend que les résultats prennent du temps et que la progression n’est pas toujours linéaire.

Elle avance avec plus d’humilité et beaucoup plus de douceur. Parce qu’au fond, réussir quelque chose de grand n’a jamais été une question de vitesse. C’est une question de constance.


Comment se sortir du Syndrome Satirway to Heaven?

Question 1 : Quel Stairway to Heaven suis-je en train d’exiger de moi?

Question 2 : Quels sont mes deux accords à apprendre maintenant?

Question 3 : Si j’acceptais d’être débutante pendant 90 jours, que ferais-je?


CONCLUSION

En terminant, j’aimerais vous laisser avec cette idée : le début n’est pas supposé flatter votre ego. Il est supposé former votre identité. Les débuts ne servent pas à vous prouver que vous êtes bonne, talentueuse ou exceptionnelle. Ils servent à construire tranquillement la personne que vous êtes en train de devenir. Alors si vous traversez actuellement une période où tout vous semble plus lent, plus difficile ou plus maladroit que prévu, ne concluez pas trop vite que vous n’êtes pas faite pour ça. Vous n’êtes pas mauvaise. Et il n’est pas trop tard. Vous êtes peut-être simplement au niveau 1.

Avec le recul, je me dis souvent que si quelqu’un m’avait regardée à 16 ans et m’avait dit : « Émilie, apprends simplement deux accords. Joue-les mal. Joue-les lentement. Continue. » Peut-être que je jouerais encore aujourd’hui. Et peut-être même qu’après toutes ces années, je serais capable de jouer Stairway to Heaven. Parce qu’au fond, ce qui nous empêche d’atteindre nos objectifs n’est pas toujours un manque de talent ou de potentiel. C’est souvent le fait d’abandonner trop tôt, simplement parce que nous interprétons les difficultés normales du début comme un signe que nous ne sommes pas à notre place. Alors que bien souvent, elles sont simplement la preuve que nous sommes en train d’apprendre.



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Émilie xo



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